Créer une SA en Suisse: comment réussir sa création, étape par étape

15.04.2026

Pour beaucoup, société anonyme (SA) rime avec grandes entreprises. Mais la SA peut aussi être une forme juridique adaptée pour les PME ambitieuses ou les start-up orientées vers la croissance. Pour fonder une SA, il convient de remplir certaines conditions, notamment en ce qui concerne le capital-actions, la libération et les étapes formelles de la création. Ce guide vous montre comment se déroule pas à pas la création d’une SA en Suisse.

En bref

  • Pour créer une SA, il faut un capital-actions d’au moins 100’000 francs, dont 50’000 francs doivent être libérés.
  • La SA ne prend juridiquement naissance qu’au moment de l’inscription au registre du commerce.
  • Une SA est particulièrement adaptée aux entreprises ayant des projets de croissance ou des investisseuses et investisseurs.
  • La création comprend plusieurs étapes, comme les statuts, le compte de consignation du capital, l’acte notarié et l’inscription au registre du commerce. Notre check-list vous aide à préparer le processus de manière structurée.

Pour mieux cerner le processus de création, il est utile de comprendre les principales caractéristiques de la société anonyme.

Qu’est-ce qu’une SA?

La société anonyme est une société de capitaux ayant sa propre personnalité juridique. Cela signifie que l’entreprise est juridiquement indépendante et que sa responsabilité se limite en principe à son patrimoine social. Pour les actionnaires, le patrimoine privé reste en principe protégé.

La répartition du capital en actions est une caractéristique centrale de la SA. Celles-ci peuvent être transférées ou vendues. Ainsi, la SA est particulièrement adaptée aux entreprises qui souhaitent se développer ou lever plus tard des capitaux auprès d’investisseuses ou investisseurs.

Outre la structure du capital, la SA présente également une structure organisationnelle claire.

Parmi les organes centraux, on compte:

  • L’assemblée générale des actionnaires
  • Le Conseil d’administration
  • Le cas échéant, un organe de révision

Cette structure crée de la transparence et des responsabilités claires au sein de l’entreprise.

SA ou Sàrl: quelle forme juridique convient le mieux?

Lors du choix de la forme juridique, nombre de créatrices et de créateurs ou d’entreprise comparent surtout la société anonyme et la société à responsabilité limitée (Sàrl). Les deux font partie des sociétés de capitaux les plus fréquentes en Suisse et offrent une limitation de responsabilité. Toutefois, elles se distinguent sur quelques points importants.

La Sàrl convient souvent aux petites entreprises ou aux créations d’entreprises ayant un besoin en capital limité. En revanche, la SA offre plus de flexibilité dans la structure du capital et est souvent choisie lorsque la croissance ou les investisseuses et investisseurs jouent un rôle.

Les principales différences entre SA et Sàrl en un coup d’œil

CaractéristiqueSASàrl
Caractéristique
Capital minimal
SA
CHF 100’000
Sàrl
CHF 20’000
Caractéristique
Responsabilité
SA
Patrimoine social
Sàrl
Patrimoine social
Caractéristique
Structure du capital
SA
Actions
Sàrl
Parts sociales
Caractéristique
Admission d’investisseurs
SA
simple
Sàrl
restreinte

La SA est-elle la forme juridique qui me convient?

La création d’une SA est particulièrement adaptée si

  • Vous souhaitez lever des capitaux auprès d’investisseuses et d’investisseurs
  • Votre entreprise prévoit de la croissance et de l’évolutivité
  • Vous privilégiez une structure de capital claire avec des actions
  • Vous souhaitez mettre en place une structure d’entreprise professionnelle

En revanche, une Sàrl ou une raison individuelle peut suffire pour les petites entreprises sans besoin de capital élevé.

Conditions requises pour la création d’une SA en Suisse

Pour qu’une SA puisse être créée, certaines conditions légales doivent être remplies. Celles-ci concernent avant tout le capital, l’organisation et les documents de fondation formels. 

Les principales conditions sont les suivantes:

  • Un capital-actions d’au moins 100’000 francs
  • Une libération d’au moins 50’000 francs lors de la création
  • Un siège social en Suisse
  • Un conseil d’administration avec au moins un membre domicilié en Suisse
  • Les statuts de la société
  • Le cas échéant, un organe de révision

Si ces conditions sont remplies, la création effective peut être préparée.

Libération du capital-actions

La libération du capital-actions est un élément central de la création de la SA. Il s’agit du versement du capital prévu pour la création de la société.

Pour une SA, le capital minimum s’élève à 100’000 francs. Au moins 50’000 francs doivent être versés lors de la création. La libération peut intervenir de différentes manières:

  • Dépôt en espèces: le capital est versé sous forme de montant.
  • Apport en nature: au lieu de l’argent, il est également possible d’apporter des valeurs patrimoniales comme des machines, des véhicules ou des brevets. Celles-ci doivent toutefois être évaluées et documentées.

Pour que la libération puisse être prouvée, le capital est versé sur un compte spécial. Ce compte de consignation du capital sert de confirmation à la ou au notaire et au registre du commerce que le capital nécessaire est disponible.

Compte de consignation du capital chez PostFinance

Pour la création de votre SA, vous pouvez ouvrir un compte de consignation du capital chez PostFinance et procéder à la libération de manière simple et sûre.

Pas à pas vers la création de sa propre SA – de l’idée au registre du commerce

La création d’une SA suit un déroulement clairement défini. De nombreuses étapes concernent des préparatifs organisationnels, d’autres sont prescrites par la loi.

L’aperçu suivant montre les étapes les plus importantes pour créer sa propre société anonyme.

L’idée commerciale est le point de départ. Avant d’engager des mesures formelles, il convient de clarifier

  • Quel problème votre entreprise résout
  • Qui est votre groupe cible
  • Comment fonctionne votre modèle commercial

Un plan commercial n’est certes pas impératif, mais il aide souvent à structurer la planification.

La prochaine étape consistera à décider du montant du capital-actions et de sa répartition. Cela comprend également la détermination du nombre et de la valeur nominale des actions.

Le capital-actions s’élève à au moins 100’000 francs et est réparti en différentes actions, p. ex.:

  • 1000 actions à 100 francs
  • 100 actions à 1’000 francs

. Si les deux variantes donnent le même capital, elles se distinguent par leur flexibilité. Un plus grand nombre d’actions avec une valeur nominale plus faible facilitera plus tard la répartition des participations ou l’admission d’investisseuses et investisseurs.

La structure choisie constitue la base de la future structure de propriété et devrait donc être définie en connaissance de cause.

L’étape suivante consiste à déterminer qui assume la responsabilité de l’entreprise et comment le contrôle est organisé. À cet égard, le Conseil d’administration et, en fonction de la taille de l’entreprise, l’organe de révision jouent un rôle central.

Le Conseil d’administration est l’organe de direction suprême. Il définit l’orientation stratégique, surveille la gestion des affaires et s’assure que les prescriptions légales sont respectées. Au moins un membre doit être domicilié en Suisse.

L’ organe de révision contrôle les comptes annuels et veille à la transparence vis-à-vis des actionnaires. Les petites entreprises peuvent renoncer à une révision (opting-out) si elles ont moins de dix postes à plein temps et si tous les actionnaires sont d’accord.

Le nom de l’entreprise est un élément central de l’identité de l’entreprise et doit contenir le complément «SA». En outre, il ne doit pas être confondu avec des entreprises existantes.

En parallèle, le siège juridique de la SA est déterminé. Celui-ci a une influence sur les attributions, par exemple auprès des autorités ou des impôts, et devrait donc être choisi en connaissance de cause.

Les statuts constituent la base juridique de la SA. Ils règlent entre autres le but de l’entreprise, le montant du capital-actions ainsi que l’organisation de la société.

Comme les statuts sont contraignants par la suite, il vaut la peine de les formuler avec soin, en particulier si plusieurs actionnaires sont impliqués ou si une croissance à long terme est prévue. Dans le cadre de leur création, ils sont contrôlés sur le plan formel par la ou le notaire et le registre du commerce.

Pour la création d’une SA, le capital-actions doit être versé sur un compte de consignation du capital. Ce compte sert de preuve vis-à-vis de la ou du notaire et du registre du commerce que le capital nécessaire est disponible. Après l’inscription de la SA, le compte est transformé en compte commercial ordinaire.

Avec le compte de consignation du capital de PostFinance, vous pouvez gérer la libération de votre capital-actions de manière simple et sûre et recevez les attestations nécessaires à la création d’une entreprise d’un seul tenant.

Dans cette étape, le capital-actions est effectivement versé ou apporté en tant qu’immobilisation corporelle. La libération est une condition préalable à la fondation notariée et doit être documentée en conséquence. Pour les apports en nature, des justificatifs et évaluations supplémentaires sont nécessaires.

La création d’une SA doit faire l’objet d’un acte notarié. Lors de l’établissement de l’acte par la ou le notaire, les statuts sont approuvés et la création est décidée formellement. L’acte de fondation, qui contient toutes les informations essentielles sur la société et est signé par les personnes fondatrices, est alors établi.

Bon à savoir: tous les documents pertinents doivent être disponibles lors du rendez-vous. Parmi ces documents, on distingue notamment:

  • Les statuts
  • La confirmation de la consignation du capital
  • Les informations relatives au Conseil d’administration et à la direction

La ou le notaire vérifie si la création répond aux exigences légales et authentifie officiellement l’opération. Toutefois, les questions de contenu ou stratégiques, par exemple sur la conception des statuts, ne sont pas évaluées de manière approfondie.

Après l’acte notarié, les documents sont remis au registre du commerce.

Ce n’est qu’avec l’inscription au registre du commerce que la SA prend juridiquement la forme d’une personne morale. À partir de cette date, l’entreprise pourra officiellement exercer ses activités.

Après la création, d’autres tâches organisationnelles importantes pour le lancement opérationnel seront effectuées, comme p. ex.:

  • L’ouverture d’un compte commercial
  • L’inscription à l’AVS
  • Le contrôle de l’assujettissement à la TVA
  • La conclusion des assurances nécessaires

En particulier en ce qui concerne les assurances, il vaut la peine de clarifier la situation suffisamment tôt. Les garanties pertinentes ou nécessaires dépendent de votre activité et de la structure de votre entreprise. Vous en trouverez un aperçu dans l’article «Assurances au moment de la création».

Ces étapes garantissent que votre entreprise est correctement structurée sur le plan juridique et administratif.

Combien de temps dure la création d’une SA?

La durée de la création d’une SA dépend avant tout de la préparation. Si tous les documents sont disponibles, le processus formel dure généralement deux à quatre semaines.

Il faut notamment du temps pour:

  • L’établissement des statuts
  • Les rendez-vous notariaux
  • Le traitement au registre du commerce

Une bonne préparation permet d’éviter des retards et la création peut être mise en œuvre efficacement.

Combien coûte la création d’une SA?

Outre le capital-actions, la création d’une SA entraîne des coûts supplémentaires.

Les coûts typiques sont les suivants:

  • Frais de notaire
  • Frais pour le registre du commerce
  • Frais bancaires pour le compte de consignation du capital
  • Frais de conseil
  • Le cas échéant, les frais pour un organe de révision

En fonction des charges et du canton, ces frais peuvent s’élever à plusieurs milliers de francs. Vous trouverez un aperçu détaillé des coûts typiques et de leur composition dans l’article «Coûts de création d’entreprise».

Droits et obligations du Conseil d’administration

Le Conseil d’administration est l’organe de direction central de la SA. Ses tâches principales sont:

  • La gestion stratégique de l’entreprise
  • L’organisation de la société
  • La supervision de la direction
  • Le respect des prescriptions légales

Le Conseil d’administration peut, dans certaines circonstances, être tenu personnellement responsable en cas de violation d’obligations.

Check-list: créer une SA en Suisse

La création d’une SA comprend plusieurs étapes, de la planification du capital à la souscription des principales assurances. Une aperçu clair vous permet de garder une vue d’ensemble du processus.

Notre check-list «Créer une SA» récapitule clairement toutes les étapes et les documents nécessaires et vous aide à préparer votre création en Suisse de manière structurée.

Questions fréquentes sur la création d’une SA en Suisse

  • Pour la création d’une SA, un capital-actions minimal de 100’000 francs est requis, dont au moins 50’000 francs doivent être versés lors de la création (libération). Le reste peut être versé plus tard.

  • Non, une SA ne peut pas être fondée sans capital. Le capital-actions minimal est prescrit par la loi. Sous certaines conditions, il est toutefois possible d’apporter des apports en nature à la place d’argent.

  • En règle générale, la création d’une SA prend deux à quatre semaines. La durée dépend avant tout de la préparation des documents et de la rapidité avec laquelle la ou le notaire et le registre du commerce travaillent. Une préparation minutieuse peut accélérer considérablement le processus.

  • En principe, la SA engage la responsabilité de son patrimoine social. En règle générale, les actionnaires ne sont pas responsables avec leur patrimoine privé. Le Conseil d’administration peut toutefois être tenu personnellement responsable en cas de violation de ses obligations.

  • En principe oui, une SA a besoin d’un organe de révision pour contrôler ses comptes annuels. Les petites entreprises peuvent toutefois y renoncer (opting-out) si elles ont moins de dix postes à plein temps et si tous les actionnaires sont d’accord. La pertinence d’une renonciation dépend de la situation de l’entreprise.

  • Oui, une transformation est possible selon la loi sur la fusion. Dans ce cadre, les valeurs patrimoniales et les structures sont transférées dans la nouvelle forme juridique. Une telle transformation doit être soigneusement planifiée et contrôlée sur les plans juridique et fiscal.

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