Après un premier semestre solide, l’économie suisse a quelque peu perdu de sa vigueur dernièrement. C’est surtout le volume élevé des exportations enregistré durant les mois d’été qui s’est à nouveau normalisé. Dans l’ensemble, l’évolution reste toutefois positive. Aussi bien les entreprises industrielles que les entreprises de services s’attendent à une reprise de l’activité commerciale pour les mois à venir, ce qui se traduit également par un bon niveau des entrées de commandes. En outre, la consommation de la population suisse demeure stable. Un élément devrait y contribuer: les prix de l’énergie et des carburants ont certes sensiblement augmenté en Suisse aussi, mais le renchérissement reste faible à 1,0 % et n’a pas encore atteint l’ensemble de l’économie. La Banque nationale suisse (BNS) n’est donc pas obligée de lutter contre l’inflation avec des taux plus élevés. Elle devrait toutefois profiter de l’environnement favorable dans les mois à venir pour abandonner sa politique de taux zéro et normaliser quelque peu sa politique monétaire.
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Économie: les inquiétudes liées à l’inflation passent au premier plan
L’économie mondiale reste solide. La reprise se poursuit dans de nombreux pays européens. Les derniers chiffres en provenance des États-Unis ont eux aussi surpris positivement et amènent à relativiser quelque peu le ralentissement sensible de la croissance au premier semestre. En présence d’une conjoncture stable, les inquiétudes liées à l’inflation passent toutefois au premier plan. Plus les perturbations de l’approvisionnement en pétrole se prolongent, plus il est probable que l’augmentation des coûts de l’énergie et du transport se répercute sur les prix d’autres biens et services. La pression sur les banques centrales continue donc de s’accroître, en particulier au Japon et dans la zone euro.
Croissance, conjoncture et tendance
En %
D’importantes révisions des données ont conduit à relativiser le ralentissement de la croissance enregistré au cours des derniers trimestres. Au premier semestre, l’économie américaine n’a pas évolué nettement en dessous de sa tendance à long terme, mais a connu une croissance plus ou moins conforme à celle-ci. Cela concorde avec le moral des entreprises, qui reste positif. Toutefois, compte tenu de l’inflation élevée de 3,7%, les dépenses des ménages privés augmentent plus fortement que leurs revenus, ce qui se traduit par un taux d’épargne historiquement bas. Dans le secteur de la construction, il faut en outre s’attendre à un nouveau recul en raison de la hausse des taux d’intérêt hypothécaires. La récente hausse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) a encore creusé l’écart entre le taux directeur et le taux d’inflation. De nouveaux ajustements des taux ne sont certes pas exclus, mais la nécessité d’agir est moins forte que pour d’autres banques centrales.
Croissance, conjoncture et tendance
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La reprise dans la zone euro progresse par petites étapes. Il est réjouissant de constater qu’après un recul sensible au printemps, les entreprises de services envisagent l’avenir avec un net regain de confiance. Les impulsions de croissance restent néanmoins fragiles. Ainsi, les consommatrices et les consommateurs font preuve de retenue depuis quelques mois, ce qui pourrait notamment être lié à la forte hausse de l’inflation ces derniers temps. Le fait que le prix du gaz dans la zone euro se répercute de manière relativement forte sur les prix de l’électricité contribue à cette évolution. Le taux d’inflation global est de 3,8%. S’inscrivant à 2,5%, l’inflation sous-jacente, hors énergie et denrées alimentaires, est nettement plus basse. Dans un contexte de prix de l’énergie qui restent élevés, la pression sur les prix devrait toutefois s’accroître. Dans ce cas, la Banque centrale européenne (BCE), dont le taux de dépôt se situe à seulement 2,5% malgré deux hausses de taux, se verrait contrainte de relever ses taux directeurs.
Croissance, conjoncture et tendance
En %
L’évolution économique dans les grands pays émergents reste marquée par des disparités régionales. La Corée du Sud et Taïwan connaissent une croissance particulièrement forte et profitent du boom de l’intelligence artificielle grâce à leur rôle essentiel dans la production de puces. En Inde aussi, la croissance reste vigoureuse. Au vu de la récente amélioration du moral, le léger creux des mois d’été semble en outre surmonté. Pour sa part, la Chine, de loin la plus grande économie des pays émergents, ne gagne guère en vigueur. Les investissements sont désormais inférieurs de plus de 7% au niveau de l’année précédente et la consommation ne croît quasiment plus. Par conséquent, la récession structurelle se poursuit.
Croissance, conjoncture et tendance
En %
Données conjoncturelles mondiales
| Indicateurs | Suisse | États-Unis | Zone euro | Grande-Bretagne | Japon | Inde | Brésil | Chine |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Indicateurs PIB A/A 2026T2 |
Suisse 2,8% |
États-Unis 2,2% |
Zone euro 1,2% |
Grande-Bretagne 1,4% |
Japon 0,9% |
Inde 7,8% |
Brésil 2,0% |
Chine 4,3% |
| Indicateurs PIB A/A 2026T1 |
Suisse 0,6% |
États-Unis 2,6% |
Zone euro 0,6% |
Grande-Bretagne 0,8% |
Japon 0,6% |
Inde 8,6% |
Brésil 1,8% |
Chine 5,0% |
| Indicateurs Climat conjoncturel |
Suisse – |
États-Unis = |
Zone euro = |
Grande-Bretagne = |
Japon + |
Inde – |
Brésil – |
Chine + |
| Indicateurs Croissance tendancielle |
Suisse 1,2% |
États-Unis 1,7% |
Zone euro 0,8% |
Grande-Bretagne 1,8% |
Japon 1,1% |
Inde 5,4% |
Brésil 2,1% |
Chine 3,5% |
| Indicateurs Inflation |
Suisse 1,0% |
États-Unis 3,7% |
Zone euro 3,8% |
Grande-Bretagne 3,1% |
Japon 1,9% |
Inde 5,5% |
Brésil 4,6% |
Chine 0,9% |
| Indicateurs Taux directeurs |
Suisse 0,00% |
États-Unis 4,00% |
Zone euro 2,65% |
Grande-Bretagne 3,75% |
Japon 1,25% |
Inde 5,50% |
Brésil 13,75% |
Chine 3,0% |
Source: Bloomberg