Qu’est-ce qui change avec la suppression de la valeur locative?

23.10.2026

Le changement de système est acté: la suppression de l’imposition de la valeur locative entraîne une modification fondamentale de l’imposition des logements en propriété à usage propre. Nous vous présentons les changements à venir.

En bref

  • En principe, la déduction pour les frais d’entretien et les primes d’assurance en cas de logement en propriété à usage propre (résidence principale et secondaire) est supprimée.
  • Les intérêts passifs privés ne seront à l’avenir déductibles qu’au prorata, c’est-à-dire par rapport au total de l’actif des biens immobiliers situés en Suisse, loués ou affermés.
  • Les frais d’entretien peuvent toujours être déduits pour les biens immobiliers loués ou affermés; les intérêts passifs restent déductibles dans une mesure limitée.
  • Les avantages fiscaux liés aux mesures d’économie d’énergie et de protection de l’environnement sont supprimés de l’impôt fédéral direct. Les cantons peuvent prévoir que ces frais restent déductibles jusqu’en 2050 au plus tard.
  • Pour les résidences secondaires majoritairement occupées en propre, un impôt foncier spécial (impôt immobilier) peut être prélevé.

Qu’est-ce que la valeur locative et quand le système changera-t-il?

Jusqu’à présent, quiconque possédait un bien immobilier et l’utilisait en propre devait déclarer la valeur locative comme revenu auprès de la Confédération, des cantons et des communes. Pour faire simple, cette valeur locative correspond au loyer que les propriétaires pourraient exiger s’ils n’habitaient pas eux-mêmes dans leur maison ou leur appartement. En contrepartie, les intérêts passifs, les frais d’entretien et les primes d’assurance pour les biens immobiliers à usage propre pouvaient jusqu’à présent être déduits du revenu. En principe, ce système restera inchangé jusqu’à la période fiscale 2028 incluse. Le 1er avril 2026, le Conseil fédéral a décidé de fixer l’entrée en vigueur du changement de système au 1er janvier 2029.

«La suppression de l’imposition de la valeur locative a des répercussions individuelles pour les propriétaires. Il est recommandé d’analyser sa situation personnelle avec l’aide d’une ou d’un spécialiste. Le changement de système aura lieu en 2029: d’ici là, il reste du temps pour se préparer.»

Dominic Nazareno, expert fiscal diplômé / associé, PrimeTax SA

Le 28 septembre 2025, le peuple suisse a approuvé le projet «Arrêté fédéral relatif à l’impôt immobilier cantonal sur les résidences secondaires» et a ainsi donné son feu vert à la suppression de l’imposition de la valeur locative, mettant fin à un litige de plusieurs décennies en matière de droit fiscal. Cette acceptation implique un changement de système pour l’imposition de la propriété du logement. 

Garder un œil sur son financement immobilier

Si vous souhaitez faire évaluer les répercussions de ce changement de système sur votre situation fiscale personnelle, il est judicieux de faire appel à une ou un spécialiste fiscal. Nous nous tenons à votre disposition pour toute question relative au financement de votre bien immobilier ou à d’autres questions financières.

Ce changement de système apporte les modifications suivantes

À l’avenir, les propriétaires ne devront plus déclarer la valeur locative des biens immobiliers à usage propre. Cela vaut aussi bien pour la résidence principale que pour les résidences secondaires et les logements de vacances, et ce indépendamment de leur nombre. 

Les déductions se différencieront à l’avenir en fonction de l’utilisation et de la nature comptable.

  • Les frais d’entretien du bien immobilier ne pourront plus être déduits auprès de la Confédération, des cantons et des communes. Cela s’applique également aux primes d’assurance des biens immobiliers destinés à un usage personnel.
  • Concernant l’impôt fédéral direct, les déductions pour les mesures d’économie d’énergie et de protection de l’environnement sont supprimées. Les cantons et les communes peuvent continuer à accorder de telles déductions jusqu’en 2050 au plus tard. L’année 2050 s’oriente sur les objectifs à long terme de la Suisse en matière de politique énergétique et climatique (objectif Zéro émission nette d’ici 2050 et décarbonisation du parc immobilier).
    Pour ce qui est de la mise en œuvre de la marge de manœuvre cantonale d’ici 2050, des différences significatives apparaissent déjà: l’Argovie et Lucerne veulent conserver les déductions pour les mesures d’économie d’énergie et de protection de l’environnement, une intervention correspondante est en cours à Saint-Gall, Berne n’a pas encore pris de décision. Souhaitant emprunter la voie inverse, Zurich envisageait de supprimer complètement les déductions à partir du changement de système (prévu en 2029), en se référant à la constance du système et à la menace d’une diminution des recettes, et a misé à la place sur des subventions. Une résistance s’est toutefois manifestée récemment: au Grand Conseil, une alliance de centre-droit, composée de l’UDC, du PLR, du Centre, du PVL et du PEV, a été formée et exige leur maintien, ce qui contraint le Conseil d’État à revoir ses comptes. Conclusion: une uniformisation à l’échelle nationale n’est pas en vue, les propriétaires doivent garder à l’esprit la réglementation de leur canton de résidence. 
  • Les coûts des travaux de conservation des monuments historiques restent en principe déductibles de l’impôt fédéral direct. Au niveau cantonal, la déduction est régie par le droit cantonal applicable. 
  • À l’avenir, les frais de démantèlement pour une nouvelle construction de remplacement ne pourront plus être déduits de l’impôt fédéral direct. Les cantons peuvent toutefois continuer à autoriser de telles déductions. 

Exemple simplifié: aujourd’hui et à partir de 2029

Une personne habite dans sa propre maison. La valeur locative s’élève à CHF 24’000.– par an. Les intérêts hypothécaires déductibles s’élèvent à CHF 12’000.– et les frais d’entretien déductibles à CHF 5’000.–. Pour l’exemple simplifié, un taux d’imposition marginal de 25% est supposé. 

PosteMontant
Poste
Valeur locative
Montant
CHF 24’000.–
Poste
– Intérêts passifs
Montant
CHF 12’000.–
Poste
– Frais d’entretien
Montant
CHF 5’000.–
Poste
+ Revenu imposable
Montant
CHF 7’000.–

Pour un taux d’imposition marginal de 25%, cela correspond de manière simplifiée à une charge fiscale de CHF 1’750.–: revenu imposable supplémentaire de CHF 7’000.– x taux d’imposition marginal de 25% = CHF 1’750.– d’impôts

À partir de 2029:

la valeur locative de CHF 24’000.– est supprimée. Dans le même temps, les intérêts passifs de CHF 12’000.– et les frais d’entretien de CHF 5’000.– ne peuvent en principe plus être déduits pour un bien immobilier à usage propre.

Dans cet exemple simplifié, la charge fiscale est ainsi réduite de CHF 1’750.–, car le montant imposable jusqu’à présent de CHF 7’000.– ne doit plus être imposé comme revenu supplémentaire. En revanche, si les déductions actuelles pour les intérêts passifs et les frais d’entretien sont plus élevées que la valeur locative, leur suppression peut entraîner une charge fiscale plus élevée.

Cet exemple ne tient pas compte des réglementations cantonales spéciales, des impôts sur la fortune et des autres revenus ou déductions, mais sert uniquement à illustrer le changement de système.

Avec le changement de système, les intérêts passifs privés ne peuvent en principe plus être déduits . Cela concerne par exemple les intérêts passifs des hypothèques, des prêts privés, des dettes contractées par carte de crédit ainsi que des crédits à la consommation ou des crédits lombards. Une exception s’applique aux personnes possédant des biens immobiliers loués ou affermés en Suisse: elles peuvent continuer à déduire une partie de leurs intérêts passifs. Le montant de cette déduction dépend de la part que représentent les biens immobiliers loués ou affermés sur l’ensemble du patrimoine. À l’avenir, la raison pour laquelle un prêt a été contracté n’aura plus d’importance. 

Remarque: il n’y a pas de changement concernant l’impôt sur la fortune: les dettes hypothécaires, les crédits privés ou les crédits lombards peuvent toujours être entièrement déduits du patrimoine.

Exemples: voici comment est calculée la déduction au prorata des intérêts passifs

Exemple: particulier avec objet habité par le propriétaire (avec hypothèque), logement loué et crédit privé

Une personne possède une maison à usage propre et un appartement loué. Elle ne possède pas d’autre fortune.

Total de l’actif imposable

Élément du patrimoineValeur fiscale
Élément du patrimoine
Maison à usage propre
Valeur fiscale
CHF 1’200’000.–
Élément du patrimoine
Appartement loué
Valeur fiscale
CHF 400’000.–
Élément du patrimoine
Total de l’actif imposable
Valeur fiscale
CHF 1’600’000.–

Intérêts passifs

Type de detteIntérêts passifs
Type de dette
Hypothèque de la maison à usage propre
Intérêts passifs
CHF 20’000.–
Type de dette
Frais d’intérêts de l’hypothèque sur l’appartement loué
Intérêts passifs
CHF 5’000.–
Type de dette
Crédit privé
Intérêts passifs
CHF 5’000.–
Type de dette
Total des intérêts passifs
Intérêts passifs
CHF 30’000.–

Calcul

Le logement loué représente 25% du total de l’actif imposable. Il est donc possible de déduire 25% de l’ensemble des intérêts passifs.

CHF 30’000.– × 25% = CHF 7’500.–

Intérêts passifs fiscalement déductibles

Ainsi, CHF 7’500.– sont fiscalement déductibles. Le montant diffère aussi bien du total des intérêts passifs (CHF 30’000.–) que des intérêts hypothécaires effectifs sur l’appartement loué (CHF 5’000.–).

L’attribution de la dette à l’objet n’est pas déterminante. Le fait qu’une partie des intérêts provienne d’un crédit privé n’a aucune importance. Le facteur déterminant est la part du bien immobilier loué dans le total de l’actif.

Cet exemple montre qu’une déduction proportionnelle des intérêts passifs reste possible si une personne en Suisse possède un bien immobilier loué ou affermé.

Exemple: entrepreneuses et entrepreneurs fortunés

Une entrepreneuse ou un entrepreneur possède un patrimoine global de CHF 6 mio.

Total de l’actif

Type de patrimoinePatrimoine
Type de patrimoine
Bien immobilier loué (valeur fiscale)
Patrimoine
CHF 1’500’000.–
Type de patrimoine
Titres
Patrimoine
CHF 2’500’000.–
Type de patrimoine
Participation dans les entreprise
Patrimoine
CHF 2’000’000.–
Type de patrimoine
Total de l’actif
Patrimoine
CHF 6’000’000.–

Intérêts passifs

Type de detteIntérêts passifs
Type de dette
Hypothèque immeuble loué
Intérêts passifs
CHF 4’000.–
Type de dette
Crédit couvert par des titres (crédit lombard)
Intérêts passifs
CHF 5’500.–
Type de dette
Total des intérêts passifs
Intérêts passifs
CHF 9’000.–

Calcul

L’immeuble loué représente CHF 1,5 mio., soit 25% du total de l’actif. Il n’est donc possible de déduire que 25% de l’ensemble des intérêts passifs.

Déduction des intérêts passifs

Ainsi, CHF 2’375.– peuvent être déduits: CHF 9’500.– × 25% = CHF 2’375.–

L’exemple montre que, pour les personnes disposant d’un patrimoine diversifié – participations, titres, biens immobiliers –, la déduction des intérêts passifs autorisée fond rapidement, même si le financement externe effectif reste inchangé.

Exemple: déduction pour acquisition du premier logement

Le changement de système entrera en vigueur le 1er janvier 2029. L’année fiscale 2029 sera donc la première à être régie par la nouvelle législation.

Pour les personnes qui achètent pour la première fois un logement en propriété à usage propre en Suisse et l’utilisent comme premier bien immobilier, une déduction temporaire des intérêts passifs est introduite. Avec la déduction pour acquisition du premier logement, les personnes achetant pour la première fois un logement peuvent faire valoir pendant dix ans une déduction limitée qui diminue progressivement jusqu’à zéro. 

DéductionPersonnes mariéesCélibataires
Déduction
Hypothèque de la maison à usage propre
Personnes mariées
CHF 10’000.–
Célibataires
CHF 5’000.–
Déduction
Frais d’intérêts de l’hypothèque sur l’appartement loué
Personnes mariées
CHF 1’000.–
Célibataires
CHF 500.–
Déduction
Crédit privé
Personnes mariées
10 ans
Célibataires
10 ans

Le montant maximal initial est réduit chaque année suivante de 10% du montant initial, c’est-à-dire de CHF 1’000.– ou CHF 500.–. 

Conditions requises

  • Logement en propriété acquis pour la première fois en Suisse
  • À usage permanent et exclusivement personnel
  • Il s’agit d’un montant maximal: seuls les intérêts passifs effectivement payés sont déductibles. 

Exemple: achat avant le changement de système en 2026

Une personne seule a déjà acheté son logement en 2026.

Achat
2026
Première année fiscale selon la nouvelle législation
2029
2029 est considérée comme
Quatrième année (3 dernières années)
Déduction maximale 2029
CHF 3’500.–
Durée restante
7 ans (de 2029 à 2035)

Déduction des intérêts passifs

La personne peut donc encore faire valoir la déduction pendant sept ans (de 2029 à 2035). La déduction maximale s’élève encore à CHF 3’500.– en 2029, à CHF 3’000.– l’année suivante, etc. (mais au maximum les intérêts passifs effectivement payés cette année).

Exemple: achat après le changement de système en 2030
Une personne célibataire achète pour la première fois un logement à usage propre en 2030 et peut faire valoir une déduction limitée pendant dix ans.

AnnéeDéduction maximale
Année
2030, 1re année
Déduction maximale
CHF 5’000.–
Année
2031, 2e année
Déduction maximale
CHF 4’500.–
Année
À partir de 2032-2040
Déduction maximale
Déduction restante, diminuant de CHF 500.– par an pendant huit ans

Déduction des intérêts passifs
La déduction maximale s’applique que les intérêts hypothécaires effectifs soient plus élevés ou non. Il s’agit donc d’un montant maximal: seuls les intérêts passifs effectivement payés sont déductibles.
Autrement dit: 2030 (1re année): intérêts passifs effectifs, par exemple CHF 8’000.– → le montant maximal déductible est néanmoins de CHF 5’000.–.

Selon le droit en vigueur, la déductibilité des intérêts du droit de superficie payés pour les biens immobiliers à usage propre dépend de la méthode de calcul cantonale de la valeur locative: certains cantons tiennent déjà compte des intérêts du droit de superficie comme élément de réduction lors de la détermination de la valeur locative (méthode nette), tandis que d’autres fixent la valeur locative brute et autorisent la déduction séparée des intérêts du droit de superficie (méthode brute). Avec la suppression de la valeur locative dans le cadre du nouveau droit, cette différenciation cantonale disparaît: à l’avenir, les intérêts du droit de superficie pour les biens immobiliers habités par leur propriétaire ne seront plus déductibles, indépendamment du système actuel. Il convient de préciser que les intérêts du droit de superficie – tant selon le droit en vigueur que selon le nouveau droit – ne doivent juridiquement pas être qualifiés d’intérêts passifs, mais d’indemnités pour la mise à disposition ou l’utilisation d’un bien déterminé (et non d’une somme d’argent). Pour les biens immobiliers loués en droit de construire, les intérêts du droit de superficie sont considérés comme des frais d’acquisition et restent donc déductibles à l’avenir; ils ne sont pas soumis à la nouvelle attribution proportionnelle et restrictive qui s’applique à la déduction des intérêts passifs.

Les cantons et communes touristiques risquent de subir d’importantes pertes fiscales en raison de la suppression de la valeur locative. Avec un impôt spécial sur les résidences secondaires, les cantons possèdent une marge de manœuvre pour compenser d’éventuelles baisses de recettes liées aux résidences secondaires à usage propre (comme les logements de vacances). Il ne s’agit pas d’un impôt qui s’applique automatiquement dans toute la Suisse: c’est le canton concerné qui décide s’il sera introduit, quels biens immobiliers seront concernés et à combien il s’élèvera. 

Les revenus locatifs doivent toujours être imposés en tant que revenu. Dans ce cas, une déduction des intérêts passifs reste possible. La déduction est limitée à la part de la valeur fiscale de ces biens immobiliers dans le patrimoine imposable total.

Quelle règle s’applique à quel bien immobilier?

Bien immobilierUtilisationImposition à partir de 2029Déductions à partir de 2029
Bien immobilier
Résidence principale
Utilisation
Entièrement à usage propre
Imposition à partir de 2029
Pas de valeur locative
Déductions à partir de 2029
Frais d’entretien en principe plus déductibles; première déduction limitée pour les intérêts possible
Bien immobilier
Logement secondaire ou de vacances
Utilisation
Majoritairement à usage propre
Imposition à partir de 2029
Pas de valeur locative; impôts spéciaux cantonaux éventuels
Déductions à partir de 2029
Coûts d’entretien en principe plus déductibles
Bien immobilier
Immeuble de placement
Utilisation
Entièrement loué ou affermé
Imposition à partir de 2029
Les revenus locatifs et de bail effectifs restent imposables
Déductions à partir de 2029
Les frais d’entretien restent déductibles; intérêts passifs uniquement au prorata de l’ensemble du patrimoine, non liés à l’objet
Bien immobilier
Immeuble à usage mixte
Utilisation
Partiellement à usage propre et partiellement loué
Imposition à partir de 2029
Pas de valeur locative sur la partie à usage propre; rendements effectifs de la partie louée imposables
Déductions à partir de 2029
Frais d’entretien en principe uniquement déductibles pour la partie louée; intérêts passifs uniquement au prorata de l’ensemble du patrimoine, non liés à l’objet
Bien immobilier
Immeuble en propriété d’une société
Utilisation
Location ou utilisation par des associés
Imposition à partir de 2029
Imposition selon les règles pour personnes morales
Déductions à partir de 2029
Frais justifiés par l’activité professionnelle en principe déductibles; l’utilisation privée doit être indemnisée conformément aux usages du marché

Qu’est-ce qui s’applique dans le cas d’une société immobilière?

Étant donné que les frais d’entretien ne seront plus déductibles à l’avenir et que la déduction des intérêts passifs ne sera plus possible que de manière limitée pour les particuliers, il devient de plus en plus important de savoir si la détention d’un logement en propriété par le biais d’une société immobilière peut être fiscalement plus avantageuse dans certaines situations. En effet, la réforme ne concerne que le patrimoine privé et non le patrimoine commercial.

Quiconque possède un bien immobilier habité par son propriétaire via sa propre société immobilière doit payer un loyer aux conditions du marché, généralement nettement plus élevé que la valeur locative actuelle. Contrairement aux personnes physiques, les personnes morales peuvent toutefois comptabiliser l’ensemble des charges d’entretien et de financement comme des charges entièrement justifiées du point de vue commercial. Si le revenu locatif et ces coûts correspondent approximativement, il n’y a guère de bénéfice imposable au niveau de la société. Un éventuel excédent de charges peut en outre être reporté sur les exercices suivants.

Pour les objets occupés exclusivement par leur propriétaire, cette structure n’est généralement pas rentable en raison des loyers conformes au marché. L’actionnaire paie le loyer du marché à partir du revenu imposable, sans possibilité de déduction du loyer, alors que la société facture les coûts en contrepartie. Il en va tout autrement pour les biens immobiliers avec des charges d’entretien élevées, en particulier en combinaison avec des objets de rendement loués – dans ce cas, le modèle peut s’avérer rentable dans certaines circonstances. Pour les biens immobiliers loués en totalité ou en partie, la situation initiale est généralement différente: les charges d’intérêts sont entièrement déductibles dans la société, sans la limitation quantitative qui s’applique aux particuliers. Toutefois, l’imposition des dividendes ainsi qu’un éventuel impôt sur les gains immobiliers en cas de transfert ultérieur dans le patrimoine privé y font face. 

Remarque: il convient d’examiner au cas par cas si une société immobilière peut être appropriée et fiscalement avantageuse dans un cas concret; les explications ci-dessus ne constituent pas une recommandation.

Aperçu de l’imposition de la propriété du logement: ce qui change pour les logements en propriété à usage propre

Les présentations montrent de manière très simplifiée ce qui s’applique à l’imposition de la propriété du logement jusqu’au changement de système et ce qui est prévu après le changement de système. L’objectif est de donner une vue d’ensemble et non d’entrer dans les détails.

Qu’est-ce qui change?Imposition de la propriété du logement avant la suppression de la valeur locativeImposition de la propriété du logement après la suppression de la valeur locative
Qu’est-ce qui change?
Imposition de la valeur locative
Imposition de la propriété du logement avant la suppression de la valeur locative
Oui
Imposition de la propriété du logement après la suppression de la valeur locative
Non
Qu’est-ce qui change?
Déduction des frais d’entretien des biens immobiliers
Imposition de la propriété du logement avant la suppression de la valeur locative
Oui
Imposition de la propriété du logement après la suppression de la valeur locative
Non
Qu’est-ce qui change?
Déduction des intérêts passifs généraux
Imposition de la propriété du logement avant la suppression de la valeur locative
Oui
Imposition de la propriété du logement après la suppression de la valeur locative
Au prorata, uniquement pour les biens immobiliers loués ou affermés
Qu’est-ce qui change?
Déduction des intérêts passifs en cas de première acquisition
Imposition de la propriété du logement avant la suppression de la valeur locative
Dans le cadre de la «déduction des intérêts passifs généraux»
Imposition de la propriété du logement après la suppression de la valeur locative
Oui, mais possible uniquement dans une mesure limitée avec diminution annuelle
Qu’est-ce qui change?
Déduction des mesures d’économie d’énergie et de protection de l’environnement
Imposition de la propriété du logement avant la suppression de la valeur locative
Oui
Imposition de la propriété du logement après la suppression de la valeur locative
Non
Qu’est-ce qui change?
Déduction des travaux de conservation des monuments
Imposition de la propriété du logement avant la suppression de la valeur locative
Oui
Imposition de la propriété du logement après la suppression de la valeur locative
Oui
Qu’est-ce qui change?
Déduction des frais de démantèlement en cas de nouvelle construction de remplacement
Imposition de la propriété du logement avant la suppression de la valeur locative
Oui
Imposition de la propriété du logement après la suppression de la valeur locative
Non
Qu’est-ce qui change?
Possibilité de report des déductions
Imposition de la propriété du logement avant la suppression de la valeur locative
Non
Imposition de la propriété du logement après la suppression de la valeur locative
Non
Qu’est-ce qui change?
Impôt foncier spécial sur les résidences secondaires
Imposition de la propriété du logement avant la suppression de la valeur locative
Non prélevé par la Confédération
Imposition de la propriété du logement après la suppression de la valeur locative
Non prélevé par la Confédération

Source: La cible du lien s'ouvre dans une nouvelle fenêtre Impôts immobiliers sur les résidences secondaires sur admin.ch

Ce qui changeImposition de la propriété du logement avant la suppression de la valeur locativeImposition de la propriété du logement après la suppression de la valeur locative
Ce qui change
Imposition de la valeur locative
Imposition de la propriété du logement avant la suppression de la valeur locative
Oui
Imposition de la propriété du logement après la suppression de la valeur locative
Non
Ce qui change
Déduction des frais d’entretien des biens immobiliers
Imposition de la propriété du logement avant la suppression de la valeur locative
Oui
Imposition de la propriété du logement après la suppression de la valeur locative
Non
Ce qui change
Déduction des intérêts passifs généraux
Imposition de la propriété du logement avant la suppression de la valeur locative
Oui
Imposition de la propriété du logement après la suppression de la valeur locative
Au prorata, uniquement pour les biens immobiliers loués ou affermés
Ce qui change
Déduction des intérêts passifs en cas de première acquisition
Imposition de la propriété du logement avant la suppression de la valeur locative
Oui, dans le cadre de la «déduction des intérêts passifs généraux»
Imposition de la propriété du logement après la suppression de la valeur locative
Oui, mais possible uniquement dans une mesure limitée avec diminution annuelle
Ce qui change
Déduction des mesures d’économie d’énergie et de protection de l’environnement
Imposition de la propriété du logement avant la suppression de la valeur locative
Oui 
Imposition de la propriété du logement après la suppression de la valeur locative
Possible en principe, mais relève de la compétence du canton concerné (au plus tard jusqu’en 2050)
Ce qui change
Déduction des travaux de conservation des monuments
Imposition de la propriété du logement avant la suppression de la valeur locative
Oui 
Imposition de la propriété du logement après la suppression de la valeur locative
En principe possible, mais sous la compétence du canton concerné
Ce qui change
Déduction des frais de démantèlement en cas de nouvelle construction de remplacement
Imposition de la propriété du logement avant la suppression de la valeur locative
Oui 
Imposition de la propriété du logement après la suppression de la valeur locative
En principe possible, mais sous la compétence du canton concerné
Ce qui change
Possibilité de report des déductions 
Imposition de la propriété du logement avant la suppression de la valeur locative
Non 
Imposition de la propriété du logement après la suppression de la valeur locative
Peut être prévu par le canton concerné 
Ce qui change
Impôt foncier spécial sur les résidences secondaires
Imposition de la propriété du logement avant la suppression de la valeur locative
Non
Imposition de la propriété du logement après la suppression de la valeur locative
Non prélevé par la Confédération Possible – en fonction du droit cantonal

Source: La cible du lien s'ouvre dans une nouvelle fenêtre Impôts immobiliers sur les résidences secondaires sous admin.ch

Quand le changement de système sera-t-il mis en œuvre? La réforme entrera en vigueur le 1er janvier 2029, afin que la Confédération et les cantons aient le temps d’élaborer et de mettre en œuvre le changement de système. Les règles actuelles s’appliquent en principe jusqu’à la période fiscale 2028 incluse. Les nouvelles dispositions s’appliqueront à partir de la période fiscale 2029. 

En tant que propriétaire, qui profite le plus de la suppression de la valeur locative? Qui doit s’attendre à des impôts plus élevés?

La suppression de la valeur locative entraînera-t-elle une charge fiscale ou un allègement? La réponse à cette question dépend entre autres du lieu de domicile, du niveau des taux d’intérêt et du revenu individuel. D’une part, les propriétaires qui ont remboursé la (quasi-)totalité de leur hypothèque, qui ont un taux d’intérêt hypothécaire bas et qui n’ont pas prévu de travaux d’entretien importants devraient en profiter le plus. D’un autre côté, selon une estimation de la Confédération, environ 20% des propriétaires doivent s’attendre à des impôts plus élevés. Les principaux concernés sont les résidentes et résidents de biens immobiliers anciens nécessitant un assainissement important. À l’avenir, ils ne pourront ni faire valoir de frais d’entretien et de rénovation, ni déduire des investissements pour des assainissements énergétiques, du moins en ce qui concerne l’impôt fédéral.

Pour les résidences secondaires, le résultat dépend en outre de l’introduction ou non d’un impôt foncier spécial par le canton concerné, et sous quelle forme.

Gestion des travaux d’entretien et des dettes pendant le délai de transition

Bon nombre de propriétaires envisagent d’effectuer des travaux d’entretien avant le changement de système. En cas de propriété par étages, une augmentation des contributions au fonds de rénovation peut s’avérer intéressante. Par ailleurs, certains propriétaires pourraient envisager de réduire leurs dettes, car les intérêts passifs ne seront plus déductibles à l’avenir. Nous recommandons de procéder à une analyse approfondie de la situation personnelle avec l’aide de spécialistes.

Hypothèque: amortir ou ne pas amortir?

Le thème de l’amortissement devrait également préoccuper les propriétaires disposant de capitaux libres: La situation personnelle et la planification financière au sein de la famille peuvent également jouer un rôle dans cette décision. Pour les propriétaires, la question se pose de savoir s’ils doivent maintenant rembourser tout ou partie de leur hypothèque. Le principe suivant s’applique également ici: un amortissement doit toujours faire l’objet d’un examen approfondi et professionnel et être adapté globalement à la situation financière personnelle. En particulier dans la perspective d’un départ à la retraite imminent, il peut être judicieux de vérifier suffisamment tôt la charge future des intérêts et des hypothèques. Lorsqu’une hypothèque est amortie, l’argent reste immobilisé dans le bien immobilier et n’est plus librement disponible. Aux côtés d’une ou d’un spécialiste, étudiez minutieusement les différentes alternatives à un amortissement, comme un placement financier ou une solution de prévoyance, et découvrez ce qui vous convient le mieux.

Questions et réponses

  • Les conséquences de la réforme pour les pouvoirs publics dépendent fortement du niveau futur des taux d’intérêt hypothécaires. La suppression de l’imposition de la valeur locative entraînerait, pour la Confédération, les cantons et les communes, une diminution des recettes se chiffrant en milliards de francs en cas de faible niveau des taux d’intérêt ainsi qu’une augmentation des recettes tout aussi importante si ces mêmes taux sont élevés. Avec un taux d’intérêt hypothécaire de 1,5%, la diminution des recettes est estimée à environ CHF 1,8 milliard au total (impôt fédéral direct: CHF 400 millions; impôts cantonaux et communaux: environ CHF 1,4 milliard), dont environ 260 millions concernent des résidences secondaires. En revanche, à partir d’un niveau moyen des taux hypothécaires d’environ 3%, il faut s’attendre à des recettes publiques supplémentaires.

    La cible du lien s'ouvre dans une nouvelle fenêtre Accéder aux explications des estimations sur estv.admin.ch

    Les estimations sont incertaines, car certains éléments de la réforme ne peuvent pas être estimés faute de données. Les effets à long terme de la réforme sur les recettes fiscales dépendent également de la manière dont les ménages privés réagissent à la nouvelle situation fiscale ainsi que des décisions des cantons. Ces derniers décident s’ils souhaitent continuer à accorder la déduction pour les économies d’énergie et la protection de l’environnement, la déduction pour les coûts de démantèlement en vue d’une nouvelle construction de remplacement ainsi que le report de déduction s’appliquant aux dépenses susmentionnées.

  • On ne peut pas estimer à l’avance les recettes provenant de l’impôt foncier spécial sur les résidences secondaires. Leur montant dépend de la manière dont les cantons ou les communes appliquent cet impôt. Ces modalités ne sont pas encore clairement définies.

  • Pour une grande partie des locataires, la réforme n’a aucun effet direct ou a seulement un effet négligeable. Néanmoins, s’ils disposent d’actifs mobiliers tels qu’un portefeuille de titres plus important, financé en partie par des crédits, ils peuvent être davantage concernés par la réforme en raison de la limitation de la déduction des intérêts passifs. En termes de chiffres, ces ménages ne représentent toutefois qu’une minorité par rapport à l’ensemble des locataires.

    La réforme concerne également les bailleurs privés, car la déduction des intérêts passifs dépend désormais de la composition du total de l’actif. Les intérêts passifs ne peuvent être réclamés que pour la part du patrimoine revenant à des biens immobiliers loués ou affermés. En principe, les bailleurs devraient donc également pouvoir déduire moins d’intérêts passifs qu’à l’heure actuelle. Ils ne peuvent plus non plus faire valoir les déductions pour les mesures d’économie d’énergie et de protection de l’environnement dans le cadre de l’impôt fédéral direct. Pour les objets loués, l’entretien des immeubles reste cependant déductible sans restriction.

  • Si la valeur locative des résidences secondaires n’est plus soumise à l’impôt, cela peut entraîner une diminution des recettes en cas de taux d’intérêt hypothécaires bas, en particulier dans les cantons touristiques typiques comme les Grisons, le Valais et le Tessin, qui comptent un nombre élevé de résidences secondaires. C’est pourquoi le Parlement a souhaité mettre en place une possibilité de compensation en autorisant les cantons, par le biais d’une nouvelle disposition constitutionnelle, à prélever un impôt foncier spécial sur les résidences secondaires qui sont majoritairement occupées en propre et ainsi à déroger aux principes d’imposition énoncés à l’art. 127, al. 2 de la Constitution fédérale (universalité, égalité de traitement et capacité économique).

  • Lors de l’introduction d’une déduction pour acquisition du premier logement, le Parlement a veillé à ce qu’une disposition transitoire s’applique: si une personne assujettie à l’impôt a acquis pour la première fois son logement, par exemple trois ans avant l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation, elle peut encore procéder à la déduction pour acquisition du premier logement pendant sept ans après l’entrée en vigueur de la présente loi. Le montant de la déduction n’est pas calculé à partir de la date d’entrée en vigueur de la disposition, mais à partir de la date de l’achat de l’immeuble. Cette réglementation ne s’applique qu’en cas de propriété ininterrompue. Si une personne primo-accédante vend son logement et en achète un nouveau quelques années plus tard, mais dans un délai inadéquat, la disposition transitoire ne s’applique pas.

  • Les intérêts passifs doivent pouvoir être déduits lorsqu’ils sont liés à la réalisation d’un rendement imposable. Avec la suppression de la valeur locative, il est logique de limiter la déduction des intérêts passifs.

    La déductibilité des intérêts passifs sur les crédits à la consommation est aujourd’hui déjà étrangère au système, car le crédit – comme son nom l’indique – sert généralement à financer la consommation et non à générer un revenu. Quant aux crédits lombards, leur principale finalité est de financer un portefeuille de titres. Cela peut générer des rendements de fortune imposables, mais aussi des gains en capital exonérés d’impôt sur la fortune privée. Le Parlement s’est prononcé en faveur d’une règle très stricte sur la limitation de la déductibilité des intérêts passifs.

    La déduction actuelle des intérêts passifs est conçue comme une déduction générale. Avec la réforme, les intérêts passifs ne peuvent être réclamés que pour la part du patrimoine revenant à des biens immobiliers loués ou affermés. Même après la réforme, la nature des dettes ne joue aucun rôle a cet égard, qu’il s’agisse d’une hypothèque, d’un crédit lombard ou encore d’un crédit à la consommation. Certes, les dettes peuvent légalement être attribuées à un objet déterminé, mais une telle attribution n’est guère possible d’un point de vue économique.

  • Non. L’impôt sur les gains immobiliers n’est pas concerné par le changement de système. Il continue d’être prélevé conformément à la législation du canton dans lequel se trouve le bien immobilier.

    En cas de vente, la différence entre le produit de la vente et les frais d’investissement fiscalement déductibles est en principe imposée. Les frais d’investissement peuvent inclure en particulier le prix d’acquisition et les investissements visant à accroître la valeur du bien. En principe, les frais d’entretien purs ne peuvent pas être pris en compte une nouvelle fois en tant que frais d’investissement.

    La suppression de la déduction des frais d’entretien dans le cadre de l’impôt sur le revenu n’entraîne donc pas automatiquement la possibilité de déduire ultérieurement tous les coûts correspondants de l’impôt sur les gains immobiliers. Le type de dépenses et le droit cantonal applicable sont déterminants.

    Pour les autorités fiscales, la pratique devrait devenir plus exigeante: jusqu’à présent, la plausibilité de la qualification d’un investissement en tant qu’accroissement de valeur dans le cadre de l’impôt sur les gains immobiliers pouvait être établie par une comparaison avec la déclaration d’impôt sur le revenu, car les frais d’entretien préservant la valeur y étaient indiqués séparément. Pour les biens immobiliers habités par leur propriétaire, ce point de référence sera à l’avenir en grande partie supprimé, car plus aucun frais d’entretien ne sera déclaré. Pour les propriétaires, cela signifie a contrario que les justificatifs d’investissements visant à accroître la valeur du bien immobilier devraient être conservés avec un soin tout particulier à l’avenir afin de pouvoir éventuellement les faire valoir auprès de l’impôt sur les gains immobiliers en cas de vente ultérieure. 

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