Un début d’année turbulent

Alors que l’année a débuté il y a à peine trois semaines, il s’est déjà passé plus de choses qu’en une année entière. Les événements s’accumulent, donnant le sentiment d’un monde déstabilisé.

Dans ce contexte de tensions mondiales, la diversification reste la protection la plus fiable.

La Suisse n’a pas été épargnée elle non plus. Le début de l’année a été marqué par le tragique incendie à Crans-Montana. Dans un bar très apprécié des jeunes, un incendie qui s’est déclaré dans la nuit du Nouvel An a fait de nombreuses victimes et un grand nombre de blessés graves. Alors que la Suisse était encore sous l’effet de cette tragédie, les bouleversements suivants occupaient déjà le devant de la scène.

C’est ainsi que les États-Unis sont intervenus militairement au Venezuela la première semaine de janvier, arrêtant Nicolas Maduro, son dirigeant. Dans le même temps, Donald Trump a clairement fait savoir qu’il n’en resterait pas là, qualifiant la Colombie de «malade» tout en continuant de s’en prendre à Cuba. Le message est sans équivoque: le gouvernement américain est prêt à imposer ses intérêts en recourant à la force militaire si nécessaire.

La pression croissante exercée sur le Groenland s’inscrit également dans ce contexte. L’île, qui appartient au Danemark, est de nouveau dans le collimateur du président américain, qui a ouvertement déclaré vouloir placer le Groenland sous le contrôle des États-Unis, si nécessaire avec le soutien de l’armée. Il a menacé les huit États membres de l’UE qui se sont ralliés au Danemark de relever les droits de douane les concernant, de 10% à partir de février et de 25% d’ici l’été, s’ils n’acceptaient pas que les États-Unis rachètent intégralement le Groenland.

Ces évolutions ne sont pas le fruit du hasard. Elles s’inscrivent dans la nouvelle stratégie de sécurité des États-Unis, adoptée en novembre, qui préconise un recentrage sur la suprématie du pays au sein de l’hémisphère occidental. En politique étrangère, le gouvernement américain mise de plus en plus sur la confrontation et le droit du plus fort.

Ce choix musclé ne se limite toutefois pas à la politique extérieure. Sur le plan de la politique intérieure aussi, la pression s’accroît sur les institutions qui ne suivent pas le cap du gouvernement. Dernier exemple en date: le président de la Réserve fédérale américaine, contre lequel une enquête pénale a été ouverte pour de prétendues fausses déclarations en lien avec la rénovation du siège principal de la Fed. Jerome Powell est depuis longtemps dans le collimateur du président, car il s’oppose à un assouplissement nettement plus agressif de la politique monétaire.

Avec l’assouplissement de la politique monétaire souhaité par Trump, l’indépendance d’une institution centrale est mise sous pression. Or, l’histoire montre clairement à quel point l’indépendance des banques centrales est importante pour la stabilité des prix. Des exemples passés, notamment en Turquie, illustrent les risques d’une politisation de la politique monétaire. Parallèlement, les tensions sociales augmentent. Les récentes émeutes à Minneapolis liées à un tragique événement dans lequel est impliquée l’ICE, l’autorité chargée du renvoi des immigrés en situation irrégulière, en sont un autre signe. Les États-Unis font donc face à une période difficile, tant sur le plan politique que social.

Il est difficile d’imaginer que ce contexte pourrait donner lieu à des conditions-cadres favorables pour l’économie américaine. Par conséquent, notre évaluation vis-à-vis des États-Unis reste plutôt critique, ce qui se traduit par une allocation des actions légèrement sous-pondérée dans l’ensemble. En outre, nous tablons toujours sur un dollar américain affaibli, ce qui ouvre notamment des opportunités pour les actions des pays émergents, que nous continuons donc de surpondérer. Par rapport au marché américain des actions, à forte dominante technologique, nous voyons par ailleurs des opportunités dans des entreprises de qualité orientées vers l’international et renforçons ainsi la diversification géographique et sectorielle de nos portefeuilles. Nous maintenons notre position en faveur de l’or, pour nous protéger de ces crises et d’autres et parce que, sur le plan structurel, de nombreux arguments plaident en faveur d’une nouvelle valorisation de l’or. Dans ce contexte, une solide diversification reste essentielle.

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