Pas de déprime hivernale sur les marchés financiers

Sur les plans sanitaire et économique, les prochains mois ne seront pas simples. Mais les marchés financiers se projettent déjà dans un avenir plus lointain.

Lorsque les jours raccourcissent, l’obscurité peut miner le moral: d’après les psychologues, la déprime hivernale est un phénomène répandu. À cela s’ajoute cette année qu’il sera difficile de se distraire avec les habituelles activités ou retrouvailles en famille ou entre amis.

Les mois à venir seront également compliqués pour les économies nationales. Outre ses conséquences sanitaires, la deuxième vague de coronavirus laissera aussi des traces majeures dans l’économie. Déjà affaiblies par la récession mondiale causée par la première vague de coronavirus, de nombreuses entreprises sont confrontées à un défi de taille avec le nouveau recul de la demande.

Mais les marchés financiers ne se laissent pas contaminer par la déprime hivernale pour le moment. Les actions américaines ont atteint de nouveaux plafonds, les primes de risque sur les dettes des entreprises baissent et le franc suisse en tant que «valeur refuge» s’est récemment déprécié. Comment les marchés financiers parviennent-ils à cette résilience?

Comment les marchés financiers parviennent-ils à cette résilience?

Clarivoyance, ou refoulement de réalités inconfortables?

Celle-ci s’explique d’une part par le fait qu’ils négocient en pensant au futur. La situation présente d’une entreprise compte moins que ses perspectives d’avenir à long terme pour donner une idée des gains attendus. Comme cela a déjà été le cas cette année, l’arrivée du printemps s’accompagnera d’une baisse des cas de coronavirus, d’une hausse des activités et d’une reprise de l’économie. Avec les avancées qui viennent d’être publiées concernant la vaccination, la lumière au bout du tunnel se fait plus vive.

D’autre part, ignorer simplement les mauvaises nouvelles est une stratégie humaine, et les marchés financiers semblent en faire autant. L’économie ne sortira pas indemne de cette crise. Nous devrons panser encore longtemps les stigmates de ces revers; la crise demandera de la patience. Un retour à une politique fiscale et monétaire plus durable n’est pas attendu dans l’immédiat. Par ailleurs, les incertitudes quant aux élections aux États-Unis se sont certes estompées pour l’instant, mais la société américaine n’en reste pas moins confrontée à des défis majeurs.

Une orientation neutre adaptée

Au vu de ces deux explications pour le comportement des marchés financiers, un positionnement tactique neutre des parts d’actions dans nos portefeuilles nous semble adapté. Les marchés financiers ont raison de ne pas accorder trop d’importance à la situation actuelle. En effet, à l’hiver succèdera le printemps. Il faut toutefois accueillir avec scepticisme certaines évolutions euphoriques sur les marchés financiers. Ces derniers ne pourront pas trop fermer les yeux sur le fait désagréable qu’un vaccin ne pourra pas résoudre immédiatement les problèmes économiques et sanitaires.

À propos de Daniel Mewes

Daniel Mewes travaille à PostFinance depuis 18 ans. Il est actuellement responsable Gestion Investment Solution. Daniel Mewes a étudié l'économie d'entreprise à l'Université de Berne, sa ville natale, et obtenu un diplôme d'expert en finance et investissements avec un EMBA auprès de la Haute école de gestion de Zurich et de la Darden School of Business, University of Virgina.

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