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Créé le 15.04.2021

«Mes collaboratrices et collaborateurs doivent être meilleurs que moi.»

Nous présentons ici des femmes qui occupent des postes de direction chez PostFinance. Gabriela Länger est membre de la direction et assure la gestion de l’établissement financier en qualité de Chief Transformation Officer.

Gabriela Länger

Gabriela Länger dirige la Management Unit Strategy & Transformation, à laquelle sont subordonnées les unités Innovation & Future Banking, Corporate Development, RH et Communication & Branding. Nous discutons avec elle de sa fonction, de ses envies au début de sa carrière et de l’hétérogénéité au sein des équipes.

Quelles sont tes responsabilités en tant que présidente de l’unité Strategy & Transformation?

Nous adoptons une vue d’ensemble stratégique pour l’entreprise et assumons la responsabilité de la planification, du pilotage et de l’accompagnement de la transformation de PostFinance. Avec mes équipes, je suis chargée d’atteindre des objectifs stratégiques conformément aux mesures définies et aux effets recherchés. Nous jouons un rôle de chef d’orchestre: nous définissons la feuille de route globale, adaptons les initiatives stratégiques des diverses unités de PostFinance les unes aux autres, coordonnons les mesures et mettons à disposition un système d’alerte précoce afin de pouvoir procéder à des ajustements si nécessaire. En plus de l’accompagnement au niveau du contenu, nous aidons également à informer, à mobiliser et à habiliter le personnel. En outre, nous fournissons à la direction des contrôles de progression réguliers, lesquels peuvent servir de base pour prendre d’autres décisions. Ma fonction est donc très globale et tout à fait passionnante.

Comment diriges-tu tes collaboratrices et collaborateurs vers la transformation? Est-ce que le terme «diriger» est le bon?

À l’ère du changement et de la transformation, il est nécessaire d’avoir une orientation, et donc une direction. Dans le cadre de ma fonction, je ne dirige pas seulement mes équipes, mais nous contribuons aussi, en tant qu’unité, à diriger avec succès l’ensemble du personnel de PostFinance vers la transformation. Pour moi, il est important de prendre en considération les aspects techniques et humains. D’un point de vue technique, les mesures doivent être élaborées avec soin, consignées à l’aide de schémas de réflexion probants, simples et cohérents, et adaptées les unes aux autres. Elles doivent également être efficaces sur le plan financier. Les objectifs doivent être mesurables et réalisables par étapes, et les nombreuses interdépendances doivent être visibles afin que le potentiel de conflits puisse être désamorcé. D’un point de vue humain, nous souhaitons informer les personnes concernées, entamer un dialogue avec elles et leur montrer quelles sont les intentions de l’entreprise. Nous souhaitons les mobiliser, c’est-à-dire leur donner envie de s’investir et accroître leur propension à s’engager ensemble pour attendre les objectifs fixés. Enfin, nous leur donnons également les moyens de modifier leur comportement. En effet, il ne suffit pas de comprendre quelque chose pour avoir envie de le faire. Et il ne suffit pas non plus d’en avoir envie pour en être capable. Les êtres humains ont souvent besoin d’aide pour apprendre un nouveau comportement. Dans ce contexte, la notion de «direction» est tout à fait la bonne: elle est même nécessaire en matière de transformation.

Pourquoi as-tu choisi d’étudier la psychologie et l’économie d’entreprise?

J’ai étudié ce qui m’intéressait, et non pas ce qui m’offrait les meilleures perspectives d’emploi. Sinon, j’aurais dû opter pour l’informatique. Ce qui m’intéresse, c’est l’humain – en tant qu’individu, en groupe, et dans le contexte économique. Et je suis fascinée par les points de vue globaux. La combinaison entre psychologie et économie d’entreprise m’a permis d’acquérir une perspective globale que j’ai pu continuer à appliquer dans ma vie professionnelle.

As-tu toujours eu envie de faire carrière dans la direction?

Je n’ai pas commencé ma vie professionnelle dans le but de devenir responsable. Je n’avais pas d’objectif de carrière clairement défini. Je cherchais plutôt des emplois captivants, qui me permettraient de découvrir de nouvelles choses et d’évoluer. Je voulais toujours être bonne dans ce que je faisais, mais je ne souhaitais pas accomplir des tâches répétitives. De plus, j’ai une certaine vocation de leader et une grande force créatrice, qui ont influencé ma carrière.

Comment as-tu abouti à ta première fonction de direction?

J’ai rapidement été amenée à diriger quelques personnes ou de petites équipes. La première fonction de gestion importante qui m’a été confiée sur plusieurs échelons concernait un domaine qui m’était inconnu. À l’époque, je dirigeais un important projet dans la maintenance de CFF Cargo, et on m’a demandé de prendre la direction d’un atelier de réparation pour les wagons de marchandises et les locomotives. Cette expérience a non seulement confirmé, mais aussi profondément marqué ma conception de la gestion: je suis convaincue qu’en tant que responsable, on ne doit pas pouvoir tout faire mieux que ses collaboratrices et collaborateurs. Chez Cargo, on m’a attribué une fonction de direction pour des tâches que je n’aurais pas pu effectuer moi-même. Mes collaborateurs étaient serruriers, polymécaniciens, installateurs-électriciens ou ingénieurs. Je dépendais donc du fait qu’ils étaient meilleurs que moi dans ce qu’ils faisaient. Leur tâche consistait à réparer les véhicules, et la mienne à diriger le système. Cela a très bien fonctionné, nous avons eu beaucoup de succès. Aujourd’hui encore, je fonctionne selon le principe que mes collaborateurs doivent être meilleurs que moi dans ce qu’ils font. 

À quoi fais-tu attention lorsque tu dois attribuer des postes clés dans tes équipes?

Justement: je veille à ce que les autres soient meilleurs que moi. Cela vaut pour tout le monde: les responsables du service spécialisé, l’État-major, mon assistante, etc. Non seulement ils doivent tous me décharger de certaines tâches, mais ils doivent aussi avoir un temps d’avance sur moi. C’est le seul moyen pour qu’ils fassent avancer l’équipe dans son ensemble, moi comprise. Cela me rassure que certaines collaboratrices et certains collaborateurs sachent faire plus de choses que moi dans leur domaine de spécialité. Je n’ai pas la prétention d’être la meilleure en tout, mais plutôt d’offrir une valeur ajoutée par mon travail de direction, de définir des objectifs communs et de garantir la cohésion et la cohérence de notre travail dans sa finalité.

La mixité hommes-femmes dans les équipes est-elle importante pour toi?

En tant qu’entreprise, nous devons relever les défis posés par le marché, par notre clientèle et par notre environnement, le tout dans une situation VUCA, c’est-à-dire dans un monde volatil, incertain, complexe et souvent ambigu. La seule manière d’y parvenir est d’être sensible aux changements, d’apprendre rapidement et de toujours s’orienter sur les nouveautés. Il est plus facile de rassembler les compétences nécessaires à cet effet au sein d’équipes hétérogènes. Dans les équipes homogènes, tout le monde a les mêmes filtres et les mêmes angles morts. À l’inverse, les équipes hétérogènes sont plus réceptives, trouvent des réponses plus créatives et plus durables aux questions complexes. Et quand on parle d’hétérogénéité, la représentation des genres est un aspect important. La répartition ne doit pas être strictement paritaire. Toutefois, dans l’idéal, les deux sexes devraient être représentés à raison d’au moins un tiers dans les instances et les groupes pour permettre de générer de meilleures solutions.

Est-ce la raison pour laquelle tu préférerais qu’une femme occupe le poste de Head of Corporate Development mis au concours?

Oui. Mon équipe de direction est actuellement composée de trois hommes et d’une femme (plus moi :)). Par conséquent, une femme au poste récemment créé serait un complément idéal. L’unité spécialisée Corporate Development englobe les thèmes Stratégie, Étude de marché, Transformation et Corporate Responsibility. Le poste de Head of Corporate Development est, d’après moi, un poste de rêve. C’est une position qui requiert une réflexion globale et qui permet de créer et de faire avancer beaucoup de choses. Par conséquent, je recherche une femme qui dispose d’un bagage solide, qui a idéalement déjà travaillé dans la stratégie, qui comprend ce qu’implique la transformation et qui a de l’expérience au sein d’une start-up ou des connaissances dans le domaine de la Corporate Responsibility. Une femme qui a la tête dans les nuages et les pieds sur terre. PostFinance possède un Conseil d’administration clairvoyant et audacieux, et une direction pleine d'énergie. Et sa nouvelle stratégie ouvre de nombreuses nouvelles possibilités. Le ou la Head of Corporate Development aura la chance de pouvoir vraiment faire la différence.

Quel est ton conseil aux femmes qui aspirent à une carrière de direction?

Le plus important, c’est de rester soi-même et ne pas jouer un rôle qui ne nous plaît pas. De plus, je conseille aux femmes qui souhaitent faire carrière d’avoir conscience de ce qu’implique un poste de direction: on est souvent seule au sommet. On ne fait plus partie de l’équipe de la même manière. En tant que femmes, nous grandissons en faisant attention à ce que les autres pensent, à ce qu’ils font, à ce qui leur plaît. C’est une capacité précieuse, mais elle peut constituer un obstacle pour certaines personnes dans les tâches de direction. En tant que cadre, on doit aller de l’avant, et ce parfois sans être accompagné. Si cette solitude est un facteur de stress, les tâches de direction le sont aussi. Enfin, il existe d’autres points qui semblent importants pour moi: l’humour aide toujours. Lorsque l’on aspire à une carrière de direction, il est déterminant d’évoluer dans un bon environnement, d’avoir quelqu’un à ses côtés pour célébrer les réussites. Quelqu’un qui nous apporte son soutien et qui nous exprime sa fierté. Une carrière extraordinaire n’est jamais une performance individuelle, mais toujours l’interaction fructueuse de beaucoup de personnes.

Comment encourages-tu les femmes?

Je le fais de plus en plus consciemment. Plus on gravit les échelons dans sa carrière, plus il devient facile d’encourager les autres. Je donne aux femmes que je souhaite encourager l’occasion de se démarquer et je crois en leurs capacités. Je leur pose de vrais défis qu’elles pourraient aussi ne pas réussir. C’est uniquement de cette manière qu’elle peuvent évoluer. Par ailleurs, lorsque je remarque que des femmes ont du potentiel et qu’elles souhaitent progresser, je leur donne, si cela les intéresse, un aperçu de mon univers émotionnel et de mes expériences.  

Travail, loisirs, famille: qu’est-ce qui est important pour toi, dissocié ou combiné?

Je n’ai pas de formule qui fonctionne à tous les coups. Je dois toujours la réinventer. Toutefois, ce que je sais, c’est que je suis en meilleure forme lorsque je fais attention à moi dans mon entièreté. Ma tête fonctionne mieux lorsque je bouge et dors suffisamment. Je suis plus détendue dans ma sphère privée lorsque je peux m’investir au travail. Et je suis plus équilibrée et plus à mon affaire au travail lorsque je me sens soutenue dans ma sphère privée.

Quels propos en as-tu marre d’entendre en tant que femme dans une position comme la tienne?

J’essaie de ne pas écouter les propos qui m’énervent mais auxquels je ne peux rien changer. Je trouve toujours douteuses les mauvaises excuses que l’on entend lors des entretiens d’embauche, comme le fait qu’il n’y ait pas assez de femmes compétentes sur le marché. Certes, il est peut-être difficile de trouver des femmes, et il faut parfois adapter les postes de travail pour les rendre intéressants pour elles, mais cela ne veut pas dire que c’est impossible.

Portrait

Gabriela Länger est responsable Strategy & Transformation et membre de la direction de PostFinance. Elle est fascinée par la numérisation et aime que les gens trouvent ensemble des solutions simples aux questions complexes. Gabriela Länger a étudié la psychologie et l’économie d’entreprise et a exercé diverses fonctions de direction, notamment chez CFF Cargo et La cible du lien s'ouvre dans une nouvelle fenêtre local.ch. Elle est mariée et a déjà des petits-enfants.

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